Procédés anciens

Procédés anciens

Messagede Olivier G » Lun 21 Déc 2009 12:44

Bonjour,

A la demande de Dom (ici), merci de lister ci-dessous les procédés anciens que vous pratiquez (ceci afin d'être certain du mode opératoire).
Donnez un rapide descriptif, la liste des ingrédients, un lien vers des images, etc, etc...

Essayez de faire un message par procédé, en changeant le titre pour chaque procédé.

Pour la lisibilité de l'ensemble, merci de ne pas faire de réponse pour commenter, questionner, etc... préférez dans ce cas ouvrir un nouveau fil dans la partie "laboratoire", qui sera consacré exclusivement à votre question question/remarque/commentaire...

Merci à tous pour votre participation et votre respect de ces quelques contraintes ! ;)
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Olivier
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Cyanotype

Messagede Jean » Lun 21 Déc 2009 13:08

C'est un tuto que j'avais fais pour le forum h0lg4.org (donc excusez le ton d'jeunz) :

J'illustre avec des photogrammes, la question de la préparation des négatifs est un sujet à part entière...

Le Cyanotype

C'est un procédé qui mérite bien son nom d'ancien : John Herschel l'a mis au point en 1841 (le daguerréotype de D&N fut officillement reconnu en 1839...). Il a pas trop eu de succès pense-t-on à cause de la couleur bleue que certains apprécient néanmoins. Fausse excuse d'ailleurs car il y a mille et une façon de virer le cyanotype pour changer la couleur.

Image

Le cyanotype est un procédé aux sels de fer. On va réunir sur le papier deux produits qui sous l'effet des UV vont donner un pigment bleu très connu : le bleu de Prusse. Ce pigment se conserve très bien, au point qu'un tirage cyanotype a une durée de vie bien plus longue qu'un tirage argentique de base. Il est peu soluble dans l'eau (sur des tissus il résiste bien au lavage) et est peu attaqué par les acides (par contre il est sensible aux bases, se méfier des réserves basique qu'il y a dans le papier d'archivage par exemple).

Un aspect pratique intéressant, c'est que comme le cyanotype n'est sensible qu'aux UV, toutes les manips se font à la lumière artificielle classique. Hyper confortable. Avec le fait que les produits utilisés ne sont pas d'une absolue toxicité, c'est un procédé qui peut être facilement proposé à des enfants, dans des ateliers, etc.

Comment qu'on fait ?


Il vous faut du citrate d'ammonium ferrique vert (le truc jaunâtre dans l'image ci-dessous) et du ferricyanure de potassium (le truc rouge). C'est tout.

ImageCliquez pour voir en grand.

On va préparer deux solutions qu'on ne mélangera qu'au dernier moment pour imprégner le papier. En effet, mélangé, les produits réagissent spontanément pour donner le bleu de Prusse. Certes à vitesse très lente (l'énergie des UV accélère la réaction), mais suffisante pour que ça empêche la conservation. Il faut donc absolument éviter la contamination d'un produit par un autre. Prévoyez donc tout en double : deux bouteilles (en verre brun), etc. et lavez bien vos ustensiles. De même on manipule des poudres, alors doucement, évitez de les disperser dans l'air, notamment le citrate qui est très fin et qui pique les yeux, les poumons...

Les quantités, c'est en général une solution à 10% pour le ferricyanure. 10 % c'est une proportion masse (en grammes) sur volume (en millilitres), facile à retenir. 10g de ferricyanure dans 100mL de flotte (privilégier l'eau déminéralisée pour avoir un pH neutre). Diluez en touillant et en versant la poudre petit à petit. Pour le citrate, on trouve différentes dilutions au grès des personnes... en général c'est autour de 20% certains diluent plus, d'autres moins. En fait c'est parce que la teneur en fer du citrate est mal contrôlée, et varie en fonction de la provenance (de même il existe un citrate jaune ou brun, avec plus de fer, qui n'est pas très apprécié). Partez sur une base de 20% puis faites des tests si vous vous sentez pour trouver la bonne concentration. Ça fait donc 20g de citrate dans 100mL de flotte.

Le citrate en solution moisi très vite. En 10 jours en été, j'ai eu un espèce de précipité dedans, qui restait malgré le filtrage (filtre en papier). La solution était encore utilisable, mais le bleu était pas très joli, terne, virait sur le gris. La solution (sic) c'est de mettre un peu de formol (1mL) dans la solution. Attention, le formol est un produit chimique très dangereux, non seulement un poison violent, mais aussi un cancérigène. J'ai lu que certains mettaient à la place des cristaux de thymol qui a le même usage que le formol dans les préparations pharmaceutiques. Attention, c'est pas un produit très sympathique non plus.

Où ça se trouve ?

Le ferricyanure est d'usage courant en photo (affaiblisseur). Ça fait parti des produits chimiques de base qu'on peut trouver chez un revendeur qui a un catalogue fourni côté labo. En ligne on peut commander chez prophot : http://www.prophot.com/ environ 8euros les 250g ce qui est largement plus qu'il n'en faut (avec 250g on prépare 2,5L de solution).

Le citrate c'est plus compliqué. Quand il sert pas à faire de la photo, c'est un additif alimentaire (E381), le genre de truc qui permet d'écrire sur la boîte : Enrichi en fer !, par ailleurs il sert aussi à réguler l'acidité. Mais vous amusez pas à en manger pour autant, la poudre, c'est du concentré qui pique... Pour en commander en gros c'est difficile : on préfère vous vendre des "kit cyanotype" où y a 20g de citrate au prix des 200g...
Je commande le mien auprès de permadocument : http://www.permadocument.be/texte/LF/LF ... cyan4.html environ 8euros les 100g aussi (mais vous payez plus cher de frais de port !). Aux états-unis il y a quelques boutiques qui vendent, mais en général c'est environ 500g minimum, et y a aussi quelquefois des problèmes avec le port car c'est classé "matière dangereuse".
Exemple 7$ les 100g chez digital truth : http://www.digitaltruth.com/store/cart/ ... p-237.html
Un autre vendeur en Belgique : http://www.photogramme.org/textes/catalogue.htm

Sinon pour tester, vous pouvez acheter des kits qui en général contiennent de quoi faire 100 ou 60mL de solution, ce qui est pas mal. Mais niveau qualité prix c'est pas terrible, quoi que plus simple.
Sur eBay on trouve un fameux Aristark : http://myworld.ebay.fr/aristark1999/
Il a ouvert un site internet il y a peu pour commander directement : http://www.aristark.com/
Permadocument vent un kit pas cher du tout, mais on se fait assassiner avec les frais de port...

Pour le formol, éventuellement chez un pharmacien, s'il fait encore les préparations (ce qui est de plus en plus rare, et galère pour nous, même pour récupérer de la verrerie) car sinon vu la dangerosité, les pharmaciens (enfin, ceux que j'ai démarché) ne sont pas très enclin à vous en commander. Prophot en vend, environ 5euros le litre. En général vous pouvez en trouver aussi là ou vous aurez trouvé du citrate. Ça peut peut-être s'obtenir en droguerie digne de ce nom.

Le papier.


Le jour où vous prévoyez de faire du tirage cyanotype munissez vous de vos deux solutions. Vous allez mélanger le même volume des deux solutions, en comptant 2mL de la solution finale (hum!) pour couvrir un A4. En gros si vous voulez préparer 10 feuilles A4, ça fait 20mL de solution, donc 10mL de citrate et 10mL de ferricyanure. Des seringues sont pratiques pour cet usage. Prévoyez en deux pour éviter la contamination des produits.

Image

Vous pouvez coucher le papier avec n'importe quelle technique, la créativité commence là. Vous pouvez badigeonner comme un porc pour avoir un aspect dégueuli arty ou faire ça clean. Le top c'est la baguette de verre (ou acrylique) : vous parsemer quelques gouttes sur la feuille et avec la baguette vous étalez tout ça en un geste rapide et élégant. Vous pouvez y aller au pinceau mais attention, évitez les virolles métalliques, ça réagit avec le produit. Les rouleaux en mousses sont intéressants : facile à trouver, tout plastique et pas chers.
Commencez à étaler depuis le centre, et alternez mouvements dans le sens de la longueur et de la largeur.

Laissez sécher. Mieux vaut du papier aquarelle qui ne bronche pas (et qui se conserve longtemps). Si vous voulez du détail, prenez un support satiné. Si vous prenez un papier au grammage un peu léger, n'hésitez pas à le krafter : si le papier gondole, le contact avec le négatif/transparent va être délicat.

L'exposition

Vu que ça réagit aux UV, c'est tirage contact. Qui dit UV, dit insoleuse ou soleil. L'insoleuse assure la régularité des résultats, mais elle est limitée en dimension. On peut s'en sortir à bon compte en la faisant soit même à partir d'un kit d'insolation vendu dans les boutiques d'électronique (je vous laisse chercher...). Pour le soleil, c'est plus délicat. L'éclairage varie en fonction des saisons, de l'heure et du temps... mais c'est pas cher, simple, et ça marche. Ne pas hésiter à faire une bande test dans ce cas. En été près de Marseille, en début d'après midi, 2mn sont largement suffisantes pour avoir le "bleu" maximum.

Pour du contact, vous pouvez utiliser des négatifs mais c'est limité en dimension. Le numérique peut nous aider avec les transparents : vous imprimez votre négatif agrandit sur un transparent. Pour le cyanotype, du transparent de base est bien suffisant, inutile de se ruiner avec du haut de gamme. Je ne détaille pas la confection et le calage d'un transparent numérique, c'est un vaste sujet. Je vous renvoie vers ces blogs qui détaillent tout pas à pas (en prenant même pour exemple le cyanotype !) :
http://negatifnumerique.blogspot.com/20 ... chive.html
http://thelivredunegnum.blogspot.com/20 ... chive.html

Mais pas de panique on reste dans le cheap, au début j'avais même pas d'imprimante, je tirais des transparents sur une photocopieuse... Il parait même que ça marche avec du papier (idéal pour les sténopé, mais j'ai jamais testé).

Image

Sur les photos il s'agit de photogrammes, en préparation d'un futur atelier. La logique est la même.
Pendant l'exposition l'image se forme. Le développement est juste du fixage en fait (qui va enlever tout le produit qui n'a pas réagit). On peut donc surveiller l'expo en cours de route. Il faut faire attention car si des hautes lumières apparaissent, au moment du "développement" les hautes lumières vont vite se barrer. Il faut donc clairement surexposer le cyanotype, visuellement, ça ressemble à un effet de solarisation.
Pour vous donner un ordre d'idée, tous les détails qu'on voit sur la photo dans les feuilles etc. vont disparaitre. Frustrant...

Le développement

Comme dit juste avant le seul développement qu'il va y avoir c'est un rinçage à l'eau (on fait pas plus cheap), qui va enlever tout le produit qui n'a pas réagit. J'aime bien avoir deux cuvettes. L'une dans lequel je plonge le tirage et fait une agitation continue quelques minutes, pour enlever le plus gros, et je plonge dans un bain plus long ensuite. Ca économise les changements de flotte. Dans ce deuxième bain vous pouvez mettre quelques millilitre d'eau oxygénée. Ca permet d'oxyder le cyanotype immédiatement, et de pouvoir apprécier sur le coup le rendu des bleus. C'est absolument superflu, l'oxydation a lieu pendant le séchage sinon et dès la fin du séchage les bleus sont bien profonds.

Image

Ce que j'aime bien par contre, c'est développer le cyanotype dans un bain d'arrêt (classique 1+15 d'acide acétique à 60% ou avec du vinaigre). L'acide permet un meilleur contrôle du contraste (protège les hautes lumières) limite la durée d'exposition. Puis je rince. Par contre ne mélangez pas eau oxygénée et acide acétique ça fait de l'acide paracétique, inflammable (on risque pas grand chose à ces concentrations mais bon...)

Une autre variante qui correspond à un vrai développement : n'exposer que la solution de citrate. Puis la développer avec la solution de ferricyanure (qu'on applique au pinceau). Ca permet d'y aller très finement. Pour les curieux.

Pour le séchage, rien ne vaut la technique ancestrale du kraft.

Conclusion.

Perso, pour moi, le cyanotype c'est la technique de tirage cheap ultime. Si vous achetez vos produits "en gros" et sans frais de port ça revient à 3centime la feuille. Au pire, si les frais de port doublent cette somme, 6 centimes, c'est raisonnable ! Autant dire que le plus cher c'est le papier, mais vous couchez le papier que vous voulez... même le papier journal ;)
Pour les transparents, ceux courants pour bureau suffisent à mon goût (13euros les 50). Faut juste une imprimante jet d'encre à côté.
Pour faire un virage, quelques sachets de thé suffisent. Un blanchiment pour affaiblir le tirage ou pour obtenir d'autres teintes au virage ? Une cuillère de St-Marc (carbonate). Que demande le peuple ?

Enjoy !

Un dernier mot sur les produits chimiques.

Bon j'ai fait des mises en garde. Les produits chimiques en jeu (à part le formol) sont relativement inoffensifs (le citrate est irritant pour la peau, les yeux, les poumons... juste du classique ; même si vous en avaler le ferricyanure ne deviendra pas du cyanure, ouf - mais n'avalez pas pour autant ;) ). On sait jamais qui va lire, mais a priori, ceux qui lisent ces lignes sont des photographes en argentique, donc qui savent déjà diluer du révélateur etc. Donc y a pas plus de problème que ça. Mais bon faut pas faire le débile non plus : verser de l'acide dans le ferricyanure, ou le faire chauffer...

Le formol est plus délicat mais avec du bon sens ça va. Éviter de l'utiliser dans un milieu confiné, c'est un produit volatil, et tannant des tissus organiques (c'est ce qui fait son intérêt pour la conservation). Et vos bronches c'est un tissu organique utile pour vivre soit dit en passant... Gardez pas le nez dessus, fermez la bouteille sitôt utilisé (un coup de coude malencontreux et c'est la cata). En fait le plus insidieux c'est que c'est un cancérigène avéré, donc manipulez avec des gants et minimisez le temps de manipulation. Évitez de vous en mettre dans les noeils aussi. Rincez bien, lavez-vous les mains, évitez de manger un sandwich au même moment, etc.
Dernière édition par Olivier G le Lun 21 Déc 2009 13:48, édité 1 fois.
Raison: Modif du titre
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Platine / Palladium

Messagede Payral » Mar 22 Déc 2009 17:32

Vous pouvez trouver le détail du procédé en 21 images là:
http://pagesperso-orange.fr/payral/tirage_pd/tirage.html
et la liste des principales formules et références:
http://pagesperso-orange.fr/payral/Tech2.html
de quoi prendre des notes:
http://pagesperso-orange.fr/payral/Feuille%20tirage.pdf
et enfin la suppression des points noirs:
http://pagesperso-orange.fr/payral/Tech3.html

Après y'a plus qu'à… s'y mettre.
Bons tirages.
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Re: Procédés anciens

Messagede Alan Birdy » Jeu 14 Jan 2010 16:30

Génial!

[Edition modérateur] Afin que ce tutoriel reste lisible, merci d'ouvrir un nouveau fil de discussion pour tous commentaires et questionnements concernant les procédés anciens ou alternatifs.
«Quand on est prisonnier de l'image, cela vous donne toutes les audaces.»
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Collodion humide

Messagede Francis Courtemanche » Mar 15 Juin 2010 15:29

Bonjour à tous,

Pour ma part je bosse depuis pas mal de temps sur la photographie au Collodion. Voici donc un tuto qui vous permettra de débuter. Je m'efforcerai de l'illustrer un peu plus de temps à autre par des vidéo ou des photos.

HISTORIQUE

En 1851, l’albumine utilisée pour les plaques négatives est remplacée par le Collodion (Nitrate de Cellulose dissous dans l’alcool et l’Ether). Les temps de pose passent de plusieurs minutes à quelques secondes. La paternité de ce procédé revient à William Scott Archer (1813-1857). Le principal inconvénient c’est que tout doit êtrepréparé sur place et la plaque insolée doit être révélée dans les minutes qui suivent sont exposition.
Rapidement plusieurs praticiens remarquent que certains négatifs ont un aspect positif lorsqu’ils sont placé sur un fond noir. Il est proposé de les utiliser comme tel sous le nom de « Amphitype » ou « Amphipositive ». C’est James Ambrose Cutting (1814-1867) qui popularise ce procédé sous le nom d’Ambrotype dans un brevet datant de 1854.


MODE OPERATOIRE

Comme expliqué plus haut, l’ambrotype est une image positive obtenue directement sur une plaque de verre (a condition qu’elle soit placée sur un fond noir). Il faut donc en tout premier lieu parfaitement nettoyer votre plaque dans de la lessive de soude, puis dans un produit vaisselle avant de la rincer à l’eau déminéralisée. Essuyez la plaque à l’aide d’un chiffon propre et ensuite séchez là bien avec un sopalin épais. Vous pouvez nettoyer une grande quantité de plaque et les ranger bien à l’abri de la poussière.

Avant toutes opération, faites les réglages pour la prise de vue. Etant donné qu’il n’est possible de traiter la plaque que si elle est encore humide, il vaut mieux ne pas perdre son temps à régler l’appareil.

Prenez une plaque de verre et nettoyez là à nouveau à l’alcool à 90° et essuyez là bien a l’aide d’un sopalin afin qu’il n’y ai aucune poussière. Ensuite vous pouvez étendre votre collodion sur la plaque en prenant soin qu’elle recouvre toute la plaque sans revenir sur lui-même. Le Collodion aura préalablement été préparé selon la formule suivante :
- Iodure de Potassium : 0,45 gramme
- Bromure de Potassium : 0,18 gramme
Dissoudre les Iodure et Bromure de Potassium dans de l’eau déminéralisée. Il faut utiliser le moins d’eau possible, une vingtaine de gouttes devraient suffire. Versez cette solution dans un mélange de 36 ml d’alcool à 90° et de 9 ml d’éther.
Puis mélangez le tout avec 45 ml de collodion officinal, dans un pot en verre qui peu se fermer hermétiquement. Secouer votre mélange afin qu’il se fasse bien et ouvrez le pot de temps à autre afin de relacher la pression (sinon votre pot risque de finir par éclater). Laisser reposer environ 24h puis filtrez le collodion dans un flacon qui ferme à l’aide d’un bouchon de liège par exemple (les bouchon a vis ne sont pas conseillés, le collodion risque de le coller à la bouteille. Votre collodion aura l’aspect d’un liquide sirupeux de couleur jaune… On m’a fait remarquer que ça ressemblait à du miel. Au fur et à mesure qu’il vieillit il virera au rouge sans qu’il soit pour autant inutilisable.

Après avoir coulé votre collodion sur la plaque de verre il faudra le sensibiliser… A partir de maintenant il faut agir sous lumière inactinique. Plongez votre plaque dans une solution de :
- Eau déminéralisée : 100 ml
- Nitrate d’Argent : 10 gr
- Acide Nitrique : 10 gouttes
Attention : Toujours verser l’acide dans l’eau, et non l’inverse.
2 à 3 Minutes suffisent à une bonne sensibilisation. La plaque, à la sortie du bain d’argent aura un aspect blanc opaque (encore que légèrement translucide).

A la sortie du bain d’argent, essuyez le dos de votre plaque à l’aide d’un sopalin et insérez le dans votre chassis. Vous pouvez maintenant réaliser votre prise de vue… En pleine lumière environ 20 secondes à f/5,6 devrait être bien, mais là c’est à chacun de trouver les bons temps de pose.

Après l’exposition, retournez dans le labo et révélez votre plaque à l’aide de de la solution suivante :
- Eau déminéralisée : 100 ml
- Sulfate de fer : 6 grammes
- Alcool à 90° : 15 ml
- Acide Nitrique : 9 gouttes
Préparez dans un petit récipient qui se ferme quelques millilitres de révélateur, puis jetez cette quantité d’un seul coup sur la plaque de verre de façon à ce que le produit recouvre rapidement l’intégralité de la plaque. L’image devrait apparaître rapidement, environ 20 à 25 secondes, c’est a chacun de déterminer avec l’expérience le temps qu’il convient.

Lorsque l’image est apparue suffisament à votre goût, rincer l’image à l’eau claire quelques instants, ce qui arrête immédiatement la révélation. A partir de maintenant toutes les opérations peuvent se dérouler à la lumière.

Vient ensuite le fixage de l’épreuve, utilisez pour cela votre fixateur habituel légèrement surdosé. L’idéal, est de fixer l’image dans une cuvette noire. Là, vous verrez votre image disparaître pour apparaître petit à petit en positif… Puis lorsque l’image est apparue, nettoyez là à l'eau déminéralisée.

Après avoir laissé l’image s’égoûter un moment, l’idéal est de la faire sécher totalement à la flamme d’une lampe à alcool (coté verre : image au dessus de la plaque). Penez bien soins de faire faire des mouvement en ligne à votre plaque, un mouvement circulaire risque de faire chauffer la plaque toujours aux mêmes endroit et de briser la plaque de verre.

Une fois bien sèche, placez votre image sur un velour noir, et vous la verrez apparaître en positif. Sur un fond blanc elle aura l’aspect d’un négatif mais difficilement exploitable.


J'espère que ces explication sont claires et que ça peu vous donner l'envie d'essayer.
Si vous désirez, je peux organiser des journée d'initiation pour cela contactez moi par mail.

Premier ajout à ce tuto une vidéo montrant comment faire le collodion, bon visionnage :
http://www.youtube.com/watch?v=dmrC6N37qsY
Image
Francis Courtemanche
 
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